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Molière - Dom Juan, ou le festin de pierre
SGANARELLE, Suite.
D. JUAN
Une chaise et un couvert, viste donc ! (A Sganarelle.) Allons, mets-toy à table.
SGANARELLE
Monsieur, je n'ay plus de faim.
D. JUAN
Mets-toy là, te dis-je. A boire. A la santé du Commandeur, je te la porte, Sganarelle. Qu'on luy donne du vin.
SGANARELLE
Monsieur, je n'ay pas soif.
D. JUAN
Bois et chante ta chanson pour regaler le Commandeur.
SGANARELLE
Je suis enrumé, Monsieur.
D. JUAN
Il n'importe, allons. Vous autres venez, accompagnez sa voix.
LA STATUE
D. Juan, c'est assez, je vous invite à venir demain souper avec moy, en aurez-vous le courage ?
D. JUAN
Oüy, j'iray accompagné du seul Sganarelle.
SGANARELLE
Je vous rends grace, il est demain jeusne pour moy.
D. JUAN
à Sganarelle.
Prends ce flambeau.
LA STATUE
On n'a pas besoin de lumiere, quand on est conduit par le Ciel.
ACTE V
SCÈNE PREMIERE - D. LOUIS, D. JUAN, SGANARELLE.
D. LOUIS
Quoy, mon fils, seroit-il possible que la bonté du Ciel eust exaucé mes voeux ? Ce que vous me dites est-il bien vray ? ne m'abusez-vous point d'un faux espoir, et puis-je prendre quelque assurance sur la nouveauté surprenante d'une telle conversion ?
D. JUAN
faisant l'hipocrite.
Oüy, vous me voyez revenu de toutes mes erreurs, je ne suis plus le mesme d'hier au soir, et le Ciel tout
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