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Molière - Dom Juan, ou le festin de pierre
LA VIOLETTE
Il y a trois quarts d'heure que je luy dis, mais il ne veut pas le croire, et s'est assis là-dedans pour attendre.
SGANARELLE
Qu'il attende tant qu'il voudra.
D. JUAN
Non, au contraire, faites-le entrer, c'est une fort mauvaise politique que de se faire celer aux creanciers. Il est bon de les payer de quelque chose, et j'ay le secret de les renvoyer satisfaits sans leur donner un double.
SCÈNE III - D. JUAN, Mr DIMANCHE, SGANARELLE, Suite.
D. JUAN
faisant de grandes civilitez.
Ah, Monsieur Dimanche, approchez. Que je suis ravy de vous voir, et que je veux de mal à mes gens de ne vous pas faire entrer d'abord ! J'avois donné ordre qu'on ne me fist parler personne, mais cét ordre n'est pas pour vous, et vous estes en droit de ne trouver jamais de porte fermée chez moy.
Mr DIMANCHE
Monsieur, je vous suis fort obligé.
D. JUAN
parlant à ses Laquais.
Parbleu, coquins, je vous apprendray à laisser Monsieur Dimanche dans une antichambre, et je vous feray connoistre les gens.
Mr DIMANCHE
Monsieur, cela n'est rien.
D. JUAN
Comment ? vous dire que je n'y suis pas, à Monsieur Dimanche, au meilleur de mes amis ?
Mr DIMANCHE
Monsieur, je suis vostre serviteur. J'estois venu...
D. JUAN
Allons, viste, un siege pour Monsieur Dimanche.
Mr DIMANCHE
Monsieur, je suis bien comme cela.
D. JUAN
Point, point, je veux que vous soyez assis contre moy.
Mr DIMANCHE
Cela n'est point necessaire.
D. JUAN
Ostez ce pliant, et apportez un fauteüil.
Mr DIMANCHE
Monsieur, vous vous moquez, et...
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