bibliotheq.net - littérature française
 

Jules Verne - Les Enfants du Capitaine Grant

qui est encore préférable. C'est une promenade de Londres à Édimbourg. Ce n'est pas autre chose.

- Mais les animaux féroces? dit Glenarvan, qui voulait exposer toutes les objections possibles.

- Il n'y a pas d'animaux féroces en Australie.

- Mais les sauvages?

- Il n'y a pas de sauvages sous cette latitude, et en tout cas, ils n'ont pas la cruauté des nouveaux
zélandais.

- Mais les convicts?

- Il n'y a pas de convicts dans les provinces méridionales de l'Australie, mais seulement dans les colonies
de l'est. La province de Victoria les a non seulement repoussés, mais elle a fait une loi pour exclure de

son territoire les condamnés libérés des autres provinces. Le gouvernement victorien a même, cette

année, menacé la compagnie péninsulaire de lui retirer son subside, si ses navires continuaient à prendre

du charbon dans les ports de l'Australie occidentale où les convicts sont admis. Comment! Vous ne savez

pas cela, vous, un anglais!

- D'abord, je ne suis pas un anglais, répondit Glenarvan.

- Ce qu'a dit M Paganel est parfaitement juste, dit alors Paddy O'Moore. Non seulement la province de
Victoria, mais l'Australie méridionale, le Queensland, la Tasmanie même, sont d'accord pour repousser

les déportés de leur territoire. Depuis que j'habite cette ferme, je n'ai pas entendu parler d'un seul convict.

- Et pour mon compte, je n'en ai jamais rencontré, répondit Ayrton.

- Vous le voyez, mes amis, reprit Jacques Paganel, très peu de sauvages, pas de bêtes féroces, point de
convicts, il n'y a pas beaucoup de contrées de l'Europe dont on pourrait en dire autant! Eh bien, est-ce

convenu?

- Qu'en pensez-vous, Helena? demanda Glenarvan.

- Ce que nous pensons tous, mon cher Edward, répondit lady Helena, se tournant vers ses compagnons:
en route! En route!»

Chapitre VIII. Le départ

Glenarvan n'avait pas l'habitude de perdre du temps entre l'adoption d'une idée et son exécution. La
proposition de Paganel une fois admise, il donna immédiatement ses ordres afin que les préparatifs du

voyage fussent achevés dans le plus bref délai. Le départ fut fixé au surlendemain 22 décembre.

Quels résultats devait produire cette traversée de l'Australie? La présence d'Harry Grant étant devenue un
fait indiscutable, les conséquences de cette expédition pouvaient être grandes. Elle accroissait la somme

des chances favorables. Nul ne se flattait de trouver le capitaine précisément sur cette ligne du trente-

septième parallèle qui allait être rigoureusement suivie; mais peut-être coupait-elle ses traces, et en tout

cas elle menait droit au théâtre de son naufrage. Là était le principal point.

De plus, si Ayrton consentait à se joindre aux voyageurs, à les guider à travers les forêts de la province
Victoria, à les conduire jusqu'à la côte orientale, il y avait là une nouvelle chance de succès. Glenarvan le

sentait bien; il tenait particulièrement à s'assurer l'utile concours du compagnon d'Harry Grant, et il

< page précédente | 184 | page suivante >

 
La plupart des textes et des images de ce site font partie du domaine public. Les droits d'auteur pour la présentation des matériaux
et le design du site appartiennent à bibliotheq.net. Toute suggestion et correction est la bienvenue.