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Jules Verne - Le Château des Carpathes

Le Château des Carpathes

Jules Verne

 

I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
STILLA
X

XI
XII
XIII
XIV
XV
XVI
XVII
XVIII

I

Cette histoire n'est pas fantastique, elle n'est que romanesque. Faut-il en conclure qu'elle ne soit pas vraie,
étant donné son invraisemblance ? Ce serait une erreur. Nous sommes d'un temps où tout arrive, - on a

presque le droit de dire où tout est arrivé. Si notre récit n'est point vraisemblable aujourd'hui, il peut l'être

demain, grâce aux ressources scientifiques qui sont le lot de l'avenir, et personne ne s'aviserait de le

mettre au rang des légendes. D'ailleurs, il ne se crée plus de légendes au déclin de ce pratique et positif

XIXe siècle, ni en Bretagne, la contrée des farouches korrigans, ni en Ecosse, la terre des brownies et des

gnomes, ni en Norvège, la patrie des ases, des elfes, des sylphes et des valkyries, ni même en

Transylvanie, où le cadre des Carpathes se prête si naturellement à toutes les évocations psychagogiques.

Cependant il convient de noter que le pays transylvain est encore très attaché aux superstitions des

premiers âges.

Ces provinces de l'extrême Europe, M. de Gérando les a décrites, Élisée Reclus les a visitées. Tous deux
n'ont rien dit de la curieuse histoire sur laquelle repose ce roman. En ont-ils eu connaissance ? peut-être,

mais ils n'auront point voulu y ajouter foi. C'est regrettable, car ils l'eussent racontée, l'un avec la

précision d'un annaliste, l'autre avec cette poésie instinctive dont sont empreintes ses relations de voyage.

Puisque ni l'un ni l'autre ne l'ont fait, je vais essayer de le faire pour eux.

Le 29 mai de cette année-là, un berger surveillait son troupeau à la lisière d'un plateau verdoyant, au pied

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