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Jules Vallès - L'Enfant

La mère de Jacques lui fait même kiki dans le cou.

Il ne rit pas. - Ces noyaux lui font peur!...

Ces noyaux sont des boutons, vert vif, vert gai, en forme d'olives, qu'on va, - voyez si madame Vingtras
épargne rien! - qu'on va coudre tout le long, à la polonaise! À la polonaise, Jacques!

Ah! quand, plus tard, il fut dur pour les Polonais, quoi d'étonnant! Le nom de cette nation, voyez-vous,
resta chez lui cousu à un souvenir terrible... la redingote de la distribution des prix, la redingote à noyaux,

aux boutons ovales comme des olives et verts comme des cornichons.

Joignez à cela qu'on m'avait affublé d'un chapeau haut de forme que j'avais brossé à rebrousse-poil et qui
se dressait comme une menace sur ma tête.

Des gens croyaient que c'étaient mes cheveux et se demandaient quelle fureur les avait fait se hérisser
ainsi. «Il a vu le diable», murmuraient les béates en se signant...

J'avais un pantalon blanc. Ma mère s'était saignée aux quatre veines.

Un pantalon blanc à sous-pieds!

Des sous-pieds qui avaient l'air d'instruments pour un pied-bot et qui tendaient la culotte à la faire
craquer.

Il avait plu, et, comme on était venu vite, j'avais des plaques de boue dans les mollets, et mon pantalon
blanc, trempé par endroits, collé sur mes cuisses.

«MON FILS», dit ma mère d'une voix triomphante en arrivant à la porte d'entrée et en me poussant
devant elle.

Celui qui recevait les cartes faillit tomber de son haut et me chercha sous mon chapeau, interrogea ma
redingote, leva les mains au ciel.

J'entrai dans la salle.

J'avais ôté mon chapeau en le prenant par les poils; j'étais reconnaissable, c'était bien moi, il n'y avait pas
à s'y tromper, et je ne pus jamais dans la suite invoquer un alibi.

Mais, en voulant monter par-dessus un banc pour arriver du côté de ma classe, voilà un des sous-pieds
qui craque, et la jambe du pantalon qui remonte comme un élastique! Mon tibia se voit, - j'ai l'air d'être

en caleçon cette fois; - les dames, que mon cynisme outrage, se cachent derrière leur éventail...

Du haut de l'estrade, on a remarqué un tumulte dans le fond de la salle.

Les autorités se parlent à l'oreille, le général se lève et regarde: on se demande le secret de ce tapage.

«Jacques, baisse ta culotte», dit ma mère à ce moment, d'une voix qui me fusille et part comme une
décharge dans le silence.

Tous les regards s'abaissent sur moi.

Il faut cependant que ce scandale cesse. Un officier plus énergique que les autres donne un ordre:

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