son père?
«Voulez-vous donc faire un policier de votre fils? a-t-il dit. J'ai entendu ce que vous lui recommandiez.»
Ce vous la fit pâlir. Jamais elle ne m'en reparla depuis.
Elle essaye de rattraper par quelque bout le terrain qu'elle perd, on le sent à l'accent, on le voit au geste.
«C'est que, dit-elle, ce n'est pas gai d'être éveillé tous les soirs quand tu rentres...
- Je ne vous réveillerai plus», répond mon père.
Le soir de ce jour-là, mon père alla chercher un matelas et un pliant dans le grenier.
On n'entendit plus de bruit dans la maison. Nous vivions chacun dans notre coin, et l'on se parlait à peine.
Les femmes de ménage au bout de huit jours partaient, disant qu'on jaunissait dans cette baraque.
«Comme c'est triste là-dedans!» C'était le proverbe du quartier.
Il y a longtemps que cela dure. Ma mère m'oblige à lui tenir compagnie le soir, et je lui lis des choses
saintes, dans sa chambre, à la lueur d'une mauvaise chandelle, près d'un feu sans flamme.
Il n'est question que d'enfer et de douleur. - C'est toujours des désolations dans ces livres d'église.
Une scène!
Mon père, en retournant une vieille malle, a découvert quelque chose de lourd, de sonnant. C'est un bas
plein jusqu'à la cheville de pièces de cent sous.
Il est en train de s'étonner, quand ma mère entre comme une furie et se jette sur le bas pour le lui
arracher.
«C'est à moi, cet argent-là. Je l'ai économisé sur ma toilette.»
Mon père ne lâche pas, ma mère crie:
«Jacques, aide-moi!»
Moi, je ne sais que crier et dire en allant de l'un à l'autre:
«Papa! Maman!»
Mon père reste maître du sac et l'enferme dans son armoire.
Ils se sont raccommodés!