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Joseph Bertrand - D'Alembert

succès, ne cessa jamais de veiller sur lui. La preuve en est inscrite sur le registre de la Faculté des arts. A
la fin de l'année 1735, le jeune écolier, âgé de dix-huit ans, fut reçu bachelier ès arts. Il est inscrit sous le

nom de Daremberg. Le registre, dont je dois la connaissance aux recherches perspicaces de M. Abel

Lefranc, mentionne la réclamation du candidat Jean-Baptiste Lerond qui repousse le nom de Daremberg

que sa famille veut lui imposer. Une note du recteur du collège des Quatre-Nations atteste que

Daremberg et Jean Lerond sont une même personne et l'un des plus brillants élèves du collège:

Lerond Parisinus, qui cum a pueritia credidisset et solitus esset a parentibus vocitari Daremberg,
inscripsit se in catalogis philosophicis Joannem Baptistum Ludovicum Daremberg, omisso nomine suo

gentilitio Lerond. Supplicavit ut inscribatur suo nomine Joannes Lerond sine ullo alio cognomine.

Ut non alia subesse possit dubilatio de Joanne Lerond, dixit idem prosyndicus, juvenem illum in
collegio Mazarineo a pluribus annis magna cum laude studere, omnibusque magistris esse notissimum,

praesertim ipsi amplissimo rectori, et M. Geoffroy philosophiae professori, quorum lectiones exceperit,

et sibi ipsi qui eum habuerit discipulum, caeteris longe antecellentem, ita ut nullus sit dubitandi locus

quin juvenis qui se inscripsit Joannem Baptistum Ludovicum Daremberg idem sit qui nunc postulat

inscribi se Joannem Lerond.

Quelle est l'origine de ce nom de Daremberg? Pourquoi la famille de Destouches voulait-elle le lui
imposer? Pourquoi Jean Lerond, comme par une transaction, adoptait-il trois ans plus tard celui de

d'Alembert, qu'il a rendu illustre? Ces questions paraissent insolubles.

Je proposerai une remarque au moins singulière.

L'anagramme de

BATISTE LEROND est D'ALENBERT, SOIT.

Il n'est pas impossible que le jeune géomètre, familier avec la théorie des permutations, ait tourné
lui-même cette inversion assez conforme aux habitudes de l'époque. Quoi qu'il en soit, dans la famille

Destouches on le nommait dès l'enfance le chevalier Daremberg.

Les Archives nationales possèdent l'inventaire après décès de Michel-Camus Destouches, commissaire
général de l'artillerie, frère et héritier du père de d'Alembert. On y lit:

«_Item, une autre liasse contenant seize pièces qui sont mémoires des fournitures faites par ledit deffunt
Michel-Camus Destouches et payements par lui faits au chevalier d'Arembert, mineur, pour

servir au compte des arrérages de la pension viagère de 1 200 livres par an à lui léguées par ledit deffunt

Louis-Camus Destouches.»

Le testament de Louis-Camus Destouches, conservé dans l'étude de Me Robineau, notaire à Paris, porte
d'autre part: «Je donne et lègue............., plus au sieur Jean d'Arembert à présent en pension chez Bérée,

faubourg Saint-Antoine, 1 200 livres de pension viagère, que je veux et entends qui lui soient

régulièrement payées et par préférence à tous autres legs, en ayant touché les fonds de ceux à qui il

appartient, et, s'il est encore en bas âge quand je mourrai, on lui nommera un tuteur ad hoc

Que signifient ces mots, en ayant touché les fonds de ceux à qui il appartient?

Le legs serait-il un souvenir de sa mère, le seul qu'il en ait jamais reçu?

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