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Joseph Bertrand - D'Alembert

demande de rendre publique sa lettre à la Société, la réponse qu'il en a reçue, celle des deux jésuites et la
présente. Il doit ce procédé aux dignes membres de la Société de Lyon qui, n'ayant pu lui faire rendre

justice et ne voulant pas attester que la harangue qu'ils ont entendue ne contenait rien d'injurieux, ont pris

le parti de se retirer.

Si ces lettres, comme le demande d'Alembert, ont été réunies et publiées en 1755, la brochure qui les
contient est actuellement introuvable. Le discours manuscrit de Tolomas n'existe non plus ni dans les

archives de la municipalité de Lyon, ni à la bibliothèque de la ville. Le dossier de l'affaire

d'Alembert-Tolomas, à la bibliothèque de Lyon, contient 25 pièces. Nous en citerons deux seulement:

«Monsieur et cher confrère,

«Dans le moment que votre lettre, le mémoire y joint et les jettons qui m'ont surpris comme chose que je
ne croyais pas avoir méritée dans les règles, M. Bourjelat était avec moi; il m'a fait part du silence affecté

de M. de Malesherbes sur ce qui nous concerne; lui qui l'avait prévenu il y a quelques semaines, il lui a

répondu aux autres articles les moins importants de ses lettres et a laissé celui-là. De plus, il m'a montré

une lettre de M. d'Alembert qui lui mande que s'il avait eu l'honneur d'être de la Société royale de

Lyon, il aurait eu celui de lui écrire pour le prier de rayer de la liste le nom de Tholomas ou le sien
.
Ce sont ses termes.

«Enfin il est constant et nous en avons des nouvelles certaines, le discours du père Tholomas a fait une
grande sensation à Paris, et nous avons tout lieu de présumer qu'il nous fait perdre la protection de M. de

Malesherbes et même celle de M. d'Argenson, protecteur de l'Encyclopédie. Au surplus, M. Bourjelat est

toujours très disposé à nous aider de tous les bons offices qui seront en son pouvoir. Il a déjà tâché de

remédier au premier effet que produit le programme envoyé à MMrs de l'Encyclopédie en protestant que

le corps n'avait rien de commun dans cette affaire; il paraît néanmoins qu'on y fait entrer pour beaucoup

notre Compagnie. J'aurais, sitôt qu'il me sera possible, l'honneur de conférer avec vous plus amplement

sur cette affaire.

«GOIFFON.»

Goiffon dans une seconde lettre se montre beaucoup plus vif; il a pris son parti. C'est avec M. de
Malesherbes qu'il veut se ménager, et la bienveillance de M. d'Argenson qu'il ne veut pas perdre. Il a

d'ailleurs entendu la harangue et, toute réflexion faite, la trouve injurieuse; il prie en conséquence la

Société d'accepter sa démission.

Cinq autres membres prirent le même parti. L'un d'eux est le célèbre Montucla, historien des
mathématiques; il hésita longtemps, car sa lettre est du 5 juin 1755.

«Je suis extrêmement mortifié de n'avoir à vous écrire depuis que vous êtes secrétaire de la Société
royale de Lyon que pour le sujet pour lequel je le fais aujourd'hui. Il m'aurait été doux de conserver

davantage le titre de votre associé; mais mes liaisons avec M. d'Alembert et l'amitié dont il m'honore ne

me permettent pas de me réputer davantage d'un corps dont il a de justes motifs de se plaindre. Je vous

prie, monsieur, de lire ma lettre à l'Académie pour lui notifier la démission que je lui donne de ma qualité

d'académicien.

«Votre très humble et très obéissant serviteur,

«MONTUCLA.»

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