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Joseph Bertrand - D'Alembert

d'assister aux séances et d'y demander la parole: rien de plus; ils ne votaient pas dans les élections. Les
pensionnaires, seuls pensionnés comme l'indique leur nom, se partageaient les jetons de présence.

L'étude des procès-verbaux suffirait pour fournir une de ces preuves dont l'histoire souvent doit se

contenter. En relevant pour plusieurs années le nombre des signatures, j'ai trouvé, pour toutes, les

pensionnaires plus exacts que leurs jeunes confrères. La conséquence est évidente; la probabilité ne peut

se calculer, mais la vraisemblance n'est pas contestable.

En réalité, les adjoints louchaient les jetons de présence, qui étaient de deux francs, dans un cas
seulement, celui de l'enterrement d'un confrère.

D'Alembert fut promu en 1746 au rang d'associé géomètre. On lit sur les registres, à la date du 26 février
1746:

«MM. d'Alembert et Bélidor obtiennent la majorité des voix pour la place d'associé géomètre vacante par
la promotion de Lemonnier à celle de pensionnaire astronome.»

Deux pages plus loin:

«Le roy a choisi M. d'Alembert pour la place d'associé géomètre.»

D'Alembert, par une faveur spéciale et fort rare, avait obtenu en 1745, étant encore adjoint, une pension
de 500 livres sur les fonds de l'Académie.

Le 7 avril 1756, d'Alembert figure encore parmi les associés. Le 10 avril 1756, sans qu'aucune mention
soit faite d'une nomination, il est inscrit au nombre des pensionnaires.

Le 8 mai 1756, le comte d'Argenson écrit:

«Je vous donne avis que le roy désire qu'il soit incessamment procédé à l'élection à la place d'associé qui
vaque à l'Académie des sciences par la promotion de M. d'Alembert à celle de pensionnaire

surnuméraire.»

M. de Parcieux est nommé.

C'est seulement en 1765 que d'Alembert, plus de vingt ans après son entrée à l'Académie, échangea le
titre de pensionnaire surnuméraire pour celui de pensionnaire titulaire, et fut enfin mis en possession de

tous les avantages et de tous les droits accordés aux membres de l'Académie des sciences.

Le traité de dynamique de d'Alembert, publié en 1743, plaça immédiatement son auteur au nombre des
premiers géomètres de l'Europe. La matière, difficile et nouvelle, était traitée de main de maître. Le livre

de d'Alembert, aujourd'hui rarement consulté, fait époque dans l'histoire de la mécanique. Lagrange, un

demi-siècle plus tard, écrivant avec élégance et profondeur l'histoire de la science qu'il transformait de

nouveau, dit en parlant du livre de d'Alembert:

«Le traité de dynamique de d'Alembert, qui parut en 1743, mit fin à ces espèces de défis, en offrant une
méthode directe et générale pour résoudre ou du moins pour mettre en équations tous les problèmes de

dynamique qu'on peut imaginer. Cette méthode réduit toutes les lois du mouvement des corps à celle de

leur équilibre et ramène ainsi la dynamique à la statique.» Ramener la dynamique à la statique! Le

progrès accompli par d'Alembert se résume en effet par ces paroles, qui malheureusement, pour qui n'a

pas approfondi la question, ne peuvent avoir aucun sens; incompréhensible pour les uns, la phrase, dans

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