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Jean Racine - Phedre
Qui conduise vers vous ma démarche timide.
SCENE II - THESEE, ARICIE, ISMENE THESEE Dieux, éclairez mon trouble, et daignez à mes yeux Montrer la vérité, que je cherche en ces lieux.
ARICIE Songe à tout, chère Ismène, et sois prête à la fuite.
SCENE III - THESEE, ARICIE THESEE Vous changez de couleur, et semblez interdite. Madame ! que faisait Hippolyte en ce lieu ?
ARICIE Seigneur, il me disait un éternel adieu.
THESEE Vos yeux ont su dompter ce rebelle courage ; Et ses premiers soupirs sont votre heureux ouvrage.
ARICIE Seigneur, je ne vous puis nier la vérité ; De votre injuste haine il n'a pas hérité ; Il ne me traitait point comme une criminelle.
THESEE J'entends, il vous jurait une amour éternelle. Ne vous assurez point sur ce coeur inconstant ; Car à d'autres que vous il en jurait autant.
ARICIE Lui, Seigneur ?
THESEE Vous deviez le rendre moins volage ; Comment souffriez-vous cet horrible partage ?
ARICIE Et comment souffrez-vous que d'horribles discours D'une si belle vie osent noircir le cours ? Avez-vous de son coeur si peu de connaissance ? Discernez-vous si mal le crime et l'innocence ? Faut-il qu'à vos yeux seuls un nuage odieux Dérobe sa vertu qui brille à tous les yeux ? Ah ! c'est trop le livrer à des langues perfides. Cessez. Repentez-vous de vos voeux homicides ;
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