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Jean Racine - Phedre
Aricie à ses lois tient mes voeux asservis ; La fille de Pallante a vaincu votre fils. Je l'adore, et mon âme, à vos ordres rebelle, Ne peut ni soupirer ni brûler que pour elle.
THESEE Tu l'aimes ? Ciel ! Mais non, l'artifice est grossier. Tu te feins criminel pour te justifier.
HIPPOLYTE Seigneur, depuis six mois, je l'évite, et je l'aime. Je venais en tremblant vous le dire à vous-même. Hé quoi ! de votre erreur rien ne vous peut tirer ? Par quel affreux serment faut-il vous rassurer ? Que la terre, le ciel, que toute la nature...
THESEE Toujours les scélérats ont recours au parjure. Cesse, cesse, et m'épargne un importun discours, Si ta fausse vertu n'a point d'autre recours.
HIPPOLYTE Elle vous paraît fausse et pleine d'artifice. Phèdre au fond de son coeur me rend plus de justice.
THESEE Ah ! que ton impudence excite mon courroux !
HIPPOLYTE Quel temps à mon exil, quel lieu prescrivez-vous ?
THESEE Fusse-tu par-delà les colonnes d'Alcide, Je me croirais encor trop voisin d'un perfide.
HIPPOLYTE Chargé du crime affreux dont vous me soupçonnez, Quels amis me plaindront, quand vous m'abandonnez ?
THESEE Va chercher des amis dont l'estime funeste Honore l'adultère, applaudisse à l'inceste ; Des traîtres, des ingrats sans honneur et sans loi, Dignes de protéger un méchant tel que toi.
HIPPOLYTE
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