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Jean Racine - Phedre
Je parlerai. Thésée, aigri par mes avis, Bornera sa vengeance à l'exil de son fils. Un père en punissant, Madame, est toujours père. Un supplice léger suffit à sa colère. Mais le sang innocent dût-il être versé, Que ne demande point votre honneur menacé ? C'est un trésor trop cher pour oser le commettre. Quelque loi qu'il vous dicte, il faut vous y soumettre, Madame, et pour sauver votre honneur combattu, Il faut imoler tout, et même la vertu. On vient, je vois Thésée.
PHEDRE Ah ! je vois Hippolyte, Dans ses yeux insolents, je vois ma perte écrite. Fais ce que tu voudras, je m'abandonne à toi. Dans le trouble où je suis, je ne peux rien pour moi
SCENE IV - THESEE, HIPPOLYTE, PHEDRE, OENONE, THERAMENE THESEE La fortune à mes voeux cesse d'être opposée, Madame, et dans vos bras met...
PHEDRE Arrêtez, Thésée, Et ne profanez point des transports si charmants. Je ne mérite plus ces doux empressements. Vous êtes offensé. La fortune jalouse N'a pas en votre absence épargné votre épouse. Indigne de vous plaire et de vous approcher, Je ne dois désormais songer qu'à me cacher.
SCENE V - THESEE, HIPPOLYTE, THERAMENE THESEE Quel est l'étrange accueil qu'on fait à votre père, Mon fils ?
HIPPOLYTE Phèdre peut seule expliquer ce mystère. Mais si mes voeux ardents vous peuvent émouvoir, Permettez-moi, Seigneur, de ne la plus revoir ; Souffrez que pour jamais le tremblant Hippolyte Disparaisse des lieux que votre épouse habite.
THESEE Vous, mon fils, me quitter ?
HIPPOLYTE
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