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Jean Racine - Phedre
Sur qui, dans son malheur, voulez-vous qu'il s'appuie ? Ses larmes n'auront plus de main qui les essuie ; Et ses cris innocents, portés jusques aux Dieux, Iront contre sa mère irriter ses aïeux. Vivez, vous n'avez plus de reproche à vous faire : Votre flamme devient une flamme ordinaire. Thésée en expirant vient de rompre les noeuds Qui faisaient tout le crime et l'horreur de vos feux. Hippolyte pour vous devient moins redoutable, Et vous pouvez le voir sans vous rendre coupable. Peut-être convaincu de votre aversion, Il va donner un chef à la sédition. Détrompez son erreur, fléchissez son courage. Roi de ces bords heureux, Trézène est son partage ; Mais il sait que les lois donnent à votre fils Les superbes remparts que Minerve a bâtis. Vous avez l'un et l'autre une juste ennemie : Unissez-vous tous deux pour combattre Aricie.
PHEDRE Hé bien ! à tes conseils je me laisse entraîner. Vivons, si vers la vie on peut me ramener, Et si l'amour d'un fils en ce moment funeste De mes faibles esprits peut ranimer le reste.
ACTE II - - - -
SCENE I - ARICIE, ISMENE ARICIE Hippolyte demande à me voir en ce lieu ? Hippolyte me cherche et veut me dire adieu ? Ismène, dis-tu vrai ? N'es-tu point abusée ?
ISMENE C'est le premier effet de la mortt de Thésée. Préparez-vous, Madame, à voir de tous côtés Voler vers vous les coeurs par Thésée écartés. Aricie à la fin de son sort est maîtresse, Et bientôt à ses pieds verra toute la Grèce.
ARICIE Ce n'est donc point, Ismène, un bruit mal affermi ? Je cesse d'être esclave, et n'ai plus d'ennemi ?
ISMENE Non, Madame. les Dieux ne vous sont plus contraires, Et Thésée a rejoint les mânes de vos frères.
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