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Jean Racine - Phedre

Et que tes vains secours cessent de rappeler
Un reste de chaleur tout prêt à s'exhaler.

SCENE IV - PHEDRE, OENONE, PANOPE


PANOPE

Je voudrais vous cacher une triste nouvelle,
Madame ; mais il faut que je vous la révèle.

La mort vous a ravi votre invincible époux,

Et ce malheur n'est plus ignoré que de vous.

OENONE
Panope, que dis-tu ?

PANOPE
Que la Reine abusée
En vain demande au ciel le retour de Thésée,

Et que par des vaisseaux arrivés dans le port

Hippolyte son fils vient d'apprendre sa mort.

PHEDRE
Ciel !

PANOPE
Pour le choix d'un maître Athènes se partage.
Au Prince votre fils l'un donne son suffrage,

Madame ; et de l'Etat l'autre oubliant les lois,

Au fils de l'étrangère ose donner sa voix.

On dit même qu'au trône une brigue insolente

Veut placer Aricie et le sang de Pallante.

J'ai cru de ce péril devoir vous avertir.

Déjà même Hippolyte est tout prêt à partir ;

Et l'on craint, s'il paraît dans ce nouvel orage,

Qu'il n'entraîne après lui tout un peuple volage.

OENONE
Panope, c'est assez. La Reine, qui t'entend,
Ne négligera point cet avis important.

SCENE V - PHEDRE, OENONE


OENONE

Madame, je cessais de vous presser de vivre ;
Déjà même au tombeau je songeais à vous suivre ;

Pour vous en détourner je n'avais plus de vois ;

Mais ce nouveau malheur vous prescrit d'autres lois.

Votre fortune change et prend une autre face :

Le Roi n'est plus. Madame, il faut prendre sa place.

Sa mort vous laisse un fils à qui vous vous devez,

Esclave s'il vous perd, et roi si vous vivez.

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