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Jean Racine - Iphigénie en Aulide
Le sang de ces héros dont tu me fais descendre Sans tes profanes mains saura bien se répandre. Furieuse, elle vole, et sur l'autel prochain Prend le sacré couteau, le plonge dans son sein. A peine son sang coule et fait rougir la terre, Les Dieux font sur l'autel entendre le tonnerre, Les vents agitent l'air d'heureux frémissements, Et la mer leur répond par ses mugissements. La rive au loin gémit, blanchissante d'écume. La flamme du bûcher d'elle-même s'allume. Le ciel brille d'éclairs, s'entrouvre, et parmi nous Jette une sainte horreur qui nous rassure tous. Le soldat étonné dit que dans une nue Jusque sur le bûcher Diane est descendue, Et croit que s'élevant au travers de ses feux, Elle portait au ciel notre encens et nos voeux. Tout s'empresse, tout part. La seule Iphigénie Dans ce commun bonheur pleure son ennemie. Des mains d'Agamemnon venez la recevoir ; Venez : Achille et lui, brûlants de vous revoir, Madame, et désormais tous deux d'intelligence, Sont prêts à confirmer leur auguste alliance.
CLYTEMNESTRE Par quel prix, quel encens, ô Ciel, puis-je jamais Récompenser Achille, et payer tes bienfaits !
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