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Jean Racine - Iphigénie en Aulide
Mourons, obéissons. Mais qu'est-ce que je voi ? Dieux ! Achille ?
SCÈNE II - ACHILLE, IPHIGÉNIE ACHILLE Venez, Madame, suivez-moi. Ne craignez ni les cris ni la foule impuissante D'un peuple qui se presse autour de cette tente. Paraissez. Et bientôt, sans attendre mes coups, Ces flots tumultueux s'ouvriront devant vous. Patrocle, et quelques chefs qui marchent à ma suite, De mes Thessaliens vous amènent l'élite. Tout le reste, assemblé près de mon étendard, Vous offre de ses rangs l'invincible rempart. A vos persécuteurs opposons cet asile. Qu'ils viennent vous chercher sous les tentes d'Achille. Quoi, Madame ! est-ce ainsi que vous me secondez ? Ce n'est que par des pleurs que vous me répondez. Vous fiez-vous encore à de si faibles armes ? Hâtons-nous. Votre père a déjà vu vos larmes.
IPHIGÉNIE Je le sais bien, Seigneur. Aussi tout mon espoir N'est plus qu'au coup mortel que je vais recevoir.
ACHILLE Vous, mourir ? Ah ! cessez de tenir ce langage. Songez-vous quel serment vous et moi nous engage ? Songez-vous (pour trancher d'inutiles discours) Que le bonheur d'Achille est fondé sur vos jours ?
IPHIGÉNIE Le ciel n'a point aux jours de cette infortunée Attaché le bonheur de votre destinée. Notre amour nous trompait. Et les arrêts du sort Veulent que ce bonheur soit un fruit de ma mort. Songez, Seigneur, songez à ces moissons de gloire Qu'à vos vaillantes mains présente la victoire. Ce champ si glorieux où vous aspirez tous, Si mon sang ne l'arrose, est stérile pour vous. Telle est la loi des Dieux à mon père dictée. En vain, sourd à Calchas, il l'avait rejetée : Par la bouche des Grecs contre moi conjurés, Leurs ordres éternels se sont trop déclarés. Partez. A vos honneurs j'apporte trop d'obstacles. Vous-même dégagez la foi de vos oracles, Signalez ce héros à la Grèce promis,
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