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Jean Racine - Iphigénie en Aulide
Mes ordres par Arcas vous l'avaient demandée. Qu'attend-elle ? Est-ce vous qui l'avez retardée ? A mes justes désirs ne vous rendez-vous pas ? Ne peut-elle à l'autel marcher que sur vos pas ? Parlez.
CLYTEMNESTRE S'il faut partir, ma fille est toute prête. Mais vous, n'avez-vous rien, Seigneur, qui vous arrête ?
AGAMEMNON Moi, Madame ?
CLYTEMNESTRE Vos soins ont-ils tout préparé ?
AGAMEMNON Calchas est prêt, Madame, et l'autel est paré. J'ai fait ce que m'ordonne un devoir légitime.
CLYTEMNESTRE Vous ne me parlez point, Seigneur, de la victime.
AGAMEMNON Que me voulez-vous dire ? et de quel soin jaloux...
SCÈNE IV - IPHIGÉNIE, AGAMEMNON, CLYTEMNESTRE, AEGINE CLYTEMNESTRE Venez, venez, ma fille, on n'attend plus que vous, Venez remercier un père qui vous aime, Et qui veut à l'autel vous conduire lui-même.
AGAMEMNON Que vois-je ? Quel discours ? Ma fille, vous pleurez, Et baissez devant moi vos veux mal assurés. Quel trouble ! Mais tout pleure, et la fille, et la mère. Ah ! malheureux Arcas, tu m'as trahi.
IPHIGÉNIE Mon père, Cessez de vous troubler, vous n'êtes point trahi. Quand vous commanderez, vous serez obéi. Ma vie est votre bien. Vous voulez le reprendre Vos ordres sans détour pouvaient se faire entendre. D'un oeil aussi content, d'un coeur aussi soumis, Que j'acceptais l'époux que vous m'aviez promis, Je saurai, s'il le faut, victime obéissante,
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