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Jean Racine - Iphigénie en Aulide

Quel plaisir de vous voir et de vous contempler
Dans ce nouvel éclat dont je vous vois briller !

Quels honneurs ! Quel pouvoir ! Déjà la Renommée

Par d'étonnants récits m'en avait informée,

Mais que voyant de près ce spectacle charmant,

Je sens croître ma joie et mon étonnement !

Dieux ! Avec quel amour la Grèce vous révère !

Quel bonheur de me voir la fille d'un tel père !

AGAMEMNON
Vous méritiez, ma fille, un père plus heureux.

IPHIGÉNIE
Quelle félicité peut manquer à vos voeux ?
A de plus grands honneurs un roi peut-il prétendre ?

J'ai cru n'avoir au ciel que des grâces à rendre.

AGAMEMNON
Grands Dieux ! à son malheur dois-je la préparer ?

IPHIGÉNIE
Vous vous cachez, Seigneur, et semblez soupirer ;
Tous vos regards sur moi ne tombent qu'avec peine.

Avons-nous sans votre ordre abandonné Mycène ?

AGAMEMNON
Ma fille, je vous vois toujours des mêmes yeux.
Mais les temps sont changés, aussi bien que les lieux.

D'un soin cruel ma joie est ici combattue.

IPHIGÉNIE
Hé ! mon père, oubliez votre rang à ma vue.
Je prévois la rigueur d'un long éloignement.

N'osez-vous sans rougir être père un moment ?

Vous n'avez devant vous qu'une jeune Princesse

A qui j'avais pour moi vanté votre tendresse.

Cent fois lui promettant mes soins, votre bonté,

J'ai fait gloire à ses yeux de ma félicité.

Oue va-t-elle penser de votre indifférence ?

Ai-je flatté ses voeux d'une fausse espérance ?

N'éclaircirez-vous point ce front chargé d'ennuis ?

AGAMEMNON
Ah ! ma fille !

IPHIGÉNIE

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