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Jean Racine - Iphigénie en Aulide
DORIS Et que pourrait contre elle une impuissante haine ? Ne valait-il pas mieux, renfermée à Mycène, Éviter les tourments que vous venez chercher, Et combattre des feux contraints de se cacher ?
ÉRIPHILE Je le voulais, Doris. Mais quelque triste image Que sa gloire à mes yeux montrât sur ce rivage, Au sort qui me traînait il fallut consentir, Une secrète voix m'ordonna de partir, Me dit qu'offrant ici ma présence importune, Peut-être j'y pourrais porter mon infortune ; Que peut-être approchant ces amants trop heureux, Quelqu'un de mes malheurs se répandrait sur eux. Voilà ce qui m'amène, et non l'impatience D'apprendre à qui je dois une triste naissance. Ou plutôt leur hymen me servira de loi. S'il s'achève, il suffit : tout est fini pour moi. Je périrai, Doris, et par une mort prompte Dans la nuit du tombeau j'enfermerai ma honte, Sans chercher des parents si longtemps ignorés, Et que ma folle amour a trop déshonorés.
DORIS Que je vous plains, Madame ! et que la tyrannie ...
ÉRIPHILE Tu vois Agamemnon avec Iphigénie.
SCÈNE II - AGAMEMNON, IPHIGÉNIE, ÉRIPHILE, DORIS IPHIGÉNIE Seigneur, où courez-vous ? et quels empressements Vous dérobent sitôt à nos embrassements ? A qui dois-je imputer cette fuite soudaine ? Mon respect a fait place aux transports de la Reine. Un moment à mon tour ne vous puis-je arrêter ? Et ma joie à vos yeux n'ose-t-elle éclater ? Ne puis-je...
AGAMEMNON Hé bien ! ma fille, embrassez votre père, Il vous aime toujours.
IPHIGÉNIE Que cette amour m'est chère !
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