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Jean Racine - Esther

Tu connais comme moi ce prince inexorable.
Tu sais combien terrible en ses soudains transports,

De nos desseins souvent il rompt tous les ressorts. 520

Mais à me tourmenter ma crainte est trop subtile:

Mardochée à ses yeux est une âme trop vile.

HYDASPE.

Que tardez-vous? Allez, et faites promptement
Élever de sa mort le honteux instrument.

AMAN.

J'entends du bruit; je sors.
Toi, si le Roi m'appelle. . . . 525

HYDASPE.

Il suffit.

SCÈNE II.

ASSUÉRUS, HYDASPE, ASAPH, SUITE D'ASSUÉRUS.

ASSUÉRUS.

Ainsi donc, sans cet avis fidèle,
Deux traîtres dans son lit assassinaient leur roi?

Qu'on me laisse, et qu'Asaph seui demeure avec moi.

SCÈNE III.

ASSUÉRUS, ASAPH.

ASSUÉRUS, assis sur son trône.

Je veux bien l'avouer: de ce couple perfide
J'avais presque oublié l'attentat parricide; 530

Et j'ai pâli deux fois au terrible récit

Qui vient d'en retracer l'image à mon esprit.

Je vois de quel succès leur fureur fut suivie,

Et que dans les tourments ils laissèrent la vie.

Mais ce sujet zélé qui, d'un oeil si subtil, 535

Sut de leur noir complot développer le fil,

Qui me montra sur moi leur main déjà levée,

Enfin par qui la Perse avec moi fut sauvée,

Quel honneur pour sa foi, quel prix a-t-il reçu?

ASAPH.

On lui promit beaucoup: c'est tout ce que j'ai su. 540
ASSUÉRUS.

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