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Jean Racine - Britannicus

Au culte des autels nos vierges destinées
Gardent fidèlement le dépôt précieux

Du feu toujours ardent qui brûle pour nos dieux.

César les voit partir sans oser les distraire.

Narcisse, plus hardi, s'empresse pour lui plaire,

Il vole vers Junie ; et, sans s'épouvanter,

D'une profane main commence à l'arrêter.

De mille coups mortels son audace est punie ;

Son infidèle sang rejaillit sur Junie.

César, de tant d'objets en même temps frappé,

Le laisse entre les mains qui l'ont enveloppé.

Il rentre. Chacun fuit son silence farouche ;

Le seul nom de Junie échappe de sa bouche.

Il marche sans dessein ; ses yeux mal assurés

N'osent lever au ciel leurs regards égarés ;

Et l'on craint si la nuit jointe à la solitude

Vient de son désespoir aigrir l'inquiétude,

Si vous l'abandonnez plus longtemps sans secours,

Que sa douleur bientôt n'attente sur ses jours.

Le temps presse : courez. Il ne faut qu'un caprice ;

Il se perdrait, Madame.

AGRIPPINE
Il se ferait justice.
Mais, Burrhus, allons voir jusqu'où vont ses transports.

Voyons quel changement produiront ses remords,

S'il voudra désormais, suivre d'autres maximes.

BURRHUS
Plût aux dieux que ce fût le dernier de ses crimes !

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