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Jean Racine - Britannicus
Narcisse veut en vain affecter quelque ennui, Et sa perfide joie éclate malgré lui. Pour moi, dût l'empereur, punir ma hardiesse, D'une odieuse cour j'ai traversé la presse ; Et j'allais, accablé de cet assassinat, Pleurer Britannicus, César et tout l'Etat.
AGRIPPINE Le voici. Vous verrez si c'est moi qui l'inspire.
SCENE VI - AGRIPPINE, NÉRON, BURRHUS, NARCISSE NÉRON Dieux !
AGRIPPINE Arrêtez, Néron : j'ai deux mots à vous dire. Britannicus est mort : je reconnais les coups ; Je connais l'assassin.
NÉRON Et qui, madame ?
AGRIPPINE Vous.
NÉRON Moi ! Voilà les soupçons dont vous êtes capable. Il n'est point de malheur dont je ne sois coupable. Et, si l'on veut, Madame, écouter vos discours, Ma main de Claude même aura tranché les jours. Son fils vous était cher, sa mort peut vous confondre ; Mais des coups du destin je ne puis pas répondre.
AGRIPPINE Non, non, Britannicus est mort empoisonné ; Narcisse a fait le coup, vous l'avez ordonné.
NÉRON Madame !... Mais qui peut vous tenir ce langage ?
NARCISSE Eh ! Seigneur, ce soupçon vous fait-il tant d'outrage ? Britannicus, Madame, eut des desseins secrets Qui vous aurait coûté de plus justes regrets : Il aspirait plus loin qu'à l'hymen de Junie : De vos propres bontés il vous aurait punie. Il vous trompait vous-même ; et son coeur offensé
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