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Jean Racine - Britannicus
Quoi, madame ! en un jour où plein de sa grandeur Néron croit éblouir vos yeux de sa splendeur, Dans des lieux où chacun me fuit et le révère, Aux pompes de sa cour préférer ma misère ! Quoi ! dans ce même jour et dans ces mêmes lieux Refuser un empire, et pleurer à mes yeux ! Mais, madame, arrêtez ces précieuses larmes : Mon retour va bientôt dissiper vos alarmes. Je me rendrais suspect par un plus long séjour : Adieu. Je vais, le coeur tout plein de mon amour, Au milieu des transports d'une aveugle jeunesse, Ne voir, n'entretenir que ma belle princesse. Adieu.
JUNIE Prince...
BRITANNICUS On m'attend, madame, il faut partir.
JUNIE Mais du moins attendez qu'on vous vienne avertir.
SCENE II - AGRIPPINE, BRITANNICUS, JUNIE AGRIPPINE Prince, que tardez-vous ? Partez en diligence. Néron impatient se plaint de votre absence. La joie et le plaisir de tous les conviés Attend, pour éclater, que vous vous embrassiez. Ne faites point languir une si juste envie ; Allez. Et nous, madame, allons chez Octavie.
BRITANNICUS Allez, belle Junie ; et, d'un esprit content, Hâtez-vous d'embrasser ma soeur qui vous attend. (S'adressant à Agrippine) Dès que je le pourrai, je reviens sur vos traces, Madame ; et de vos soins j'irai vous rendre grâces.
SCENE III - AGRIPPINE, JUNIE AGRIPPINE Madame, ou je me trompe, ou durant vos adieux, Quelques pleurs répandus ont obscurci vos yeux. Puis-je savoir quel trouble a formé ce nuage ? Doutez-vous d'une paix dont je fais mon ouvrage ?
JUNIE Après tous les ennuis que ce jour m'a coûtés,
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