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Jean Racine - Britannicus
Ainsi leurs feux sont redoublés ; Je reconnais la main qui les a rassemblés. Agrippine ne s'est pas présentée à ma vue, Ne s'est dans ses discours si longtemps étendue, Que pour faire jouer ce ressort odieux. (Apercevant Burrhus.) Qu'on sache si ma mère est encore en ces lieux. Burrhus, dans ce palais je veux qu'on la retienne, Et qu'au lieu de sa garde on lui donne la mienne.
BURRHUS Quoi, Seigneur, sans l'ouïr ? Une mère !
NÉRON Arrêtez : J'ignore quel projet, Burrhus, vous méditez ; Mais depuis quelques jours, tout ce que je désire Trouve en vous un censeur prêt à me contredire. Répondez-m'en, vous dis-je ; ou sur votre refus, D'autres me répondront et d'elle et de Burrhus.
ACTE IV - - - -
SCENE PREMIERE - AGRIPPINE, BURRHUS BURRHUS Oui, madame à loisir vous pourrez vous défendre : César lui-même ici consent de vous entendre. Si son ordre au palais vous a fait retenir, C'est peut-être à dessein de vous entretenir. Quoi qu'il en soit, si j'ose expliquer ma pensée, Ne vous souvenez plus qu'il vous ait offensée ; Préparez-vous plutôt à lui tendre le bras ; Défendez-vous, madame, et ne l'accusez pas. Vous voyez, c'est lui seul que la cour envisage. Quoiqu'il soit votre fils, et même votre ouvrage, Il est votre empereur. Vous êtes, comme nous, Sujette à ce pouvoir qu'il a reçu de vous. Selon qu'il vous menace, ou bien qu'il vous caresse, La cour autour de vous ou s'écarte ou s'empresse. C'est son appui qu'on cherche en cherchant votre appui. Mais voici l'empereur.
AGRIPPINE Qu'on me laisse avec lui.
SCENE II - AGRIPPINE, NÉRON AGRIPPINE Approchez-vous, Néron, et prenez votre place.
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