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Jean Racine - Britannicus
Allez, encore un coup, cachez-vous à ses yeux : Mon coeur plus à loisir vous éclaircira mieux. De mille autres secrets j'aurais a compte à vous rendre.
BRITANNICUS Ah ! n'en voilà que trop : c'est trop me faire entendre. Madame, mon bonheur, mon crime, vos bontés. Et savez-vous pour moi tout ce que vous quittez ? Quand pourrai-je à vos pieds expier ce reproche ?
JUNIE Que faites-vous ? Hélas ! votre rival approche.
SCENE VIII - NERON, BRITANNICUS, JUNIE NÉRON Prince, continuez des transports si charmants, Je conçois vos bontés par ses remerciements, Madame : à vos genoux je viens de le surprendre. Mais il aurait aussi quelque grâce à me rendre : Ce lieu le favorise, et je vous y retiens Pour lui faciliter de si doux entretiens.
BRITANNICUS Je puis mettre à ses pieds ma douleur ou ma joie Partout où sa bonté consent que je la voie ; Et l'aspect de ces lieux où vous la retenez N'a rien dont mes regards doivent être étonnés.
NÉRON Et que vous montrent-ils qui ne vous avertisse Qu'il faut qu'on me respecte et que l'on m'obéisse ?
BRITANNICUS Ils ne nous ont pas vus l'un et l'autre élever, Moi pour vous obéir, et vous pour me braver ; Et ne s'attendaient pas, lorsqu'ils nous virent naître, Qu'un jour Domitius me dût parler en maître.
NÉRON Ainsi par le destin nos voeux sont traversés ; J'obéissais alors, et vous obéissez. Si vous n'avez pas appris à vous laisser conduire, Vous êtes jeune encore, et l'on peut vous instruire.
BRITANNICUS Et qui m'en instruira ?
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