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Jean Racine - Britannicus

Suivons jusques au bout ses ordres favorables ;
Et, pour nous rendre heureux, perdons les misérables.

ACTE III


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SCENE PREMIERE - NERON, BURRHUS


BURRHUS

Pallas obéira, Seigneur.

NÉRON
Et de quel oeil
Ma mère a-t-elle vu confondre son orgueil ?

BURRHUS
Ne doutez point, Seigneur, que ce coup ne la frappe,
Qu'en reproches bientôt sa douleur ne s'échappe.

Ses transports dès longtemps commencent d'éclater ;

A d'inutiles cris puissent-ils s'arrêter !

NÉRON
Quoi ! de quelque dessein la croyez-vous capable ?

BURRHUS
Agrippine, Seigneur, est toujours redoutable :
Rome et tous vos soldats révèrent ses aïeux ;

Germanicus son père est présent à leurs yeux.

Elle sait son pouvoir, vous savez son courage ;

Et ce qui me la fait redouter davantage,

C'est que vous appuyez vous-même son courroux

Et que vous lui donnez des armes contre vous.

NÉRON
Moi, Burrhus ?

BURRHUS
Cet amour, Seigneur, qui vous possède.

NÉRON
Je vous entends, Burrhus. Le mal est sans remède :
Mon coeur s'en est plus dit que vous ne m'en direz ;

Il faut que j'aime enfin.

BURRHUS
Vous vous le figurez,
Seigneur ; et, satisfait de quelque résistance,

Vous redoutez un mal faible dans sa naissance.

Mais si dans son devoir votre coeur affermi

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