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Jean Racine - Britannicus
Son père me nomma pour l'objet de ses voeux. Il m'aime ; il obéit à l'empereur son père, Et j'ose dire encore, à vous, à votre mère : Vos désirs sont toujours si conformes aux siens...
NÉRON Ma mère a ses desseins, madame ; et j'ai les miens. Ne parlons plus ici de Claude et d'Agrippine ; Ce n'est point par leur choix que je me détermine. C'est à moi seul, madame, à répondre de vous ; Et je veux de ma main vous choisir un époux.
JUNIE Ah ! Seigneur ! songez-vous que toute autre alliance Fera honte aux Césars, auteurs de ma naissance ?
NÉRON Non, madame, l'époux dont je vous entretiens Peut sans honte assembler vos aïeux et les siens ; Vous pouvez, sans rougir, consentir à sa flamme.
JUNIE Et quel est donc, Seigneur, cet époux ?
NÉRON Moi, madame.
JUNIE Vous !
NÉRON Je vous nommerais, madame, un autre nom, Si j'en savais quelque autre au-dessus de Néron. Oui, pour vous faire un choix où vous puissiez souscrire, J'ai parcouru des yeux la cour, Rome et l'empire. Plus j'ai cherché, madame, et plus je cherche encor En quelles mains je dois confier ce trésor ; Plus je vois que César, digne seul de vous plaire, En doit être lui-seul l'heureux dépositaire, Et ne peut dignement vous confier qu'aux mains A qui Rome a commis l'empire des humains. Vous-même, consultez vos premières années : Claudius à son fils les avait destinées ; Mais c'était en un temps où de l'empire entier Il croyait quelque jour le nommer l'héritier. Les dieux ont prononcé. Loin de leur contredire,
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