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Jean Racine - Britannicus
Que d'importunités !
NARCISSE Quoi donc ! qui vous arrête, Seigneur ?
NÉRON Tout : Octavie, Agrippine, Burrhus, Sénèque, Rome entière, et trois ans de vertus. Non que pour Octavie un reste de tendresse M'attache à son hymen et plaigne sa jeunesse : Mes yeux, depuis longtemps, fatigués de ses soins, Rarement de ses pleurs daignent être témoins. Trop heureux, si bientôt la faveur d'un divorce Me soulageait d'un joug qu'on m'imposa par force ! Le ciel même en secret semble la condamner : Ses voeux, depuis quatre ans, ont beau l'importuner, Les dieux ne montrent point que sa vertu les touche : D'aucun gage, Narcisse, ils n'honorent sa couche ; L'empire vainement demande un héritier.
NARCISSE Que tardez-vous, Seigneur, à la répudier ? L'empire, votre coeur, tout condamne Octavie, Auguste, votre aïeul, soupirait pour Livie ; Par un double divorce ils s'unirent tous deux ; Et vous devez l'empire à ce divorce heureux. Tibère, que l'hymen plaça dans sa famille, Osa bien à ses yeux répudier sa fille. Vous seul, jusques ici, contraire à vos désirs, N'osez par un divorce assurer vos plaisirs.
NÉRON Et ne connais-tu pas l'implacable Agrippine ? Mon amour inquiet déjà se l'imagine Qui m'amène Octavie, et d'un oeil enflammé Atteste les saints droits d'un noeud qu'elle a formé ; Et, portant à son coeur des atteintes plus rudes, Me fait un long récit de mes ingratitudes. De quel front soutenir ce fâcheux entretien ?
NARCISSE N'êtes-vous pas, Seigneur, votre maître et le sien ? Vous verrons-nous toujours trembler sous sa tutelle ? Vivez, régnez pour vous : c'est trop régner pour elle. Craignez-vous... ? Mais, Seigneur, vous ne la craignez pas,
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