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Jean Racine - Athalie
Qu'un fils d'Okosias est ici renfermé, De ses fiers étrangers assemblant les cohortes, N'environne le temple et n'en brise les portes ? Suffira-t-il contre eux de vos ministres saints, Qui, levant au Seigneur leurs innocentes mains, Ne savent que gémir et prier pour nos crimes, Et n'ont jamais versé que le sang des victimes ? Peut-être dans leurs bras Joas percé de coups...
JOAD Et comptez-vous pour rien Dieu, qui combat pour nous ? Dieu, qui de l'orphelin protège l'innocence Et fait dans la faiblesse éclater se puissance ; Dieu qui hait les tyrans et qui dans Jezraël Jura d'exterminer Achab et Jézabel ; Dieu, qui frappant Joram, le mari de leur fille, A jusque sur son fils poursuivi leur famille ; Dieu dont le bras vengeur, pour un temps suspendu, Sur cette race impie est toujours étendu ?
JOSABET Et c'est sur tous ces rois sa justice sévère Que je crains pour le fils de mon malheureux frère. Qui sait si cet enfant, par leur crime entraîné, Avec eux en naissant ne fut pas condamné ? Si Dieu, le séparant d'une odieuse race, En faveur de David voudra lui faire grâce ? Hélas ! l'état horrible où le ciel me l'offrit Revient à tout moment effrayer mon esprit. De princes égorgés la chambre était remplie ; Un poignard à la main, l'implacable Athalie Au carnage animait ses barbares soldats Et poursuivait le cours de ses assassinats. Joas, laissé pour mort, frappa soudain ma vue. Je me figure encor sa nourrice éperdue, Qui devant les bourreaux s'était jetée en vain, Et, faible, le tenait renversé sur son sein. Je le pris tout sanglant. En baignant son visage, Mes pleurs du sentiment lui rendirent l'usage ; Et, soit frayeur encore, ou pour me caresser, De ses bras innocents je me sentis presser. Grand Dieu ! que mon amour ne lui soit point funeste ! Du fidèle David c'est le précieux reste. Nourri dans ta maison, en l'amour de ta loi, Il ne connaît encore d'autre père que toi. Sur le point d'attaquer une reine homicide,
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