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Jean Racine - Athalie
JOAD Quoi ! déjà votre foi s'affaiblit et s'étonne ?
JOSABET A vos sages conseils, seigneur, je m'abandonne. Du jour que j'arrachai cet enfant à la mort, Je remis en vos mains tout le soin de son sort ; Même, de mon amour craignant la violence, Autant que je le puis j'évite sa présence. De peur qu'en le voyant quelque trouble indiscret Ne fasse avec mes pleurs échapper mon secret. Surtout j'ai cru devoir aux larmes, aux prières, Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières. Cependant aujourd'hui puis-je vous demander Quels amis vous avez prêts à vous seconder ? Abner, le brave Abner, viendra-t-il vous défendre ? A-t-il près de son roi fait serment de se rendre ?
JOAD Abner, quoiqu'on se pût assurer sur sa foi, Ne sait pas même encor si nous avons un roi.
JOSABET Mais à qui de Joas confiez-vous la garde ? Est-ce Obed, est-ce Amnon que cet honneur regarde ? De mon père su eux les bienfaits répandus...
JOAD A l'injuste Athalie ils se sont tous vendus.
JOSABET Qui donc opposez-vous contre ses satellites ?
JOAD Ne vous l'ai-je pas dit ? nos prêtres, nos lévites.
JOSABET Je sais que, près de vous en secret assemblé, Par vos soins prévoyants leur nombre est redoublé ; Que, pleins d'amour pour vous, d'horreur pour Athalie, Un serment solennel par avance les lie A ce fils de David qu'on leur doit révéler. Mais, quelque noble ardeur dont ils puissent brûler, Peuvent-ils de leur roi venger seuls la querelle ? Pour un si grand ouvrage est-ce assez de leur zèle ? Doutez-vous qu'Athalie, au premier bruit semé
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