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Jean Racine - Athalie
JOAD Je ne m'explique point ; mais, quand l'astre du jour Aura sur l'horizon fait le tiers de son tour, Lorsque la troisième heure aux prières rappelle, Retrouvez-vous au temple avec ce même zèle. Dieu pourra vous montrer, par d'importants bienfaits, Que sa parole est stable et ne trompe jamais. Allez : pour ce grand jour il faut que je m'apprête, Et du temple déjà l'aube blanchit le faîte.
ABNER Quel sera ce bienfait que je ne comprends pas ? L'illustre Josabet porte vers vous ses pas : Je sors et vais me joindre à la troupe fidèle Qu'attire de ce jour la pompe solennelle.
Scène II. - JOAD, JOSABET. JOAD Les temps sont accomplis, princesse : il faut parler, Et votre heureux larcin ne se peut plus celer. Des ennemis de Dieu la coupable insolence, Abusant contre lui de ce profond silence, Accuse trop longtemps ses promesses d'erreur. Que dis-je ? Le succès animant leur fureur, Jusque sur notre autel votre injuste marâtre Veut offrir à Baal un encens idolâtre. Montrons ce jeune roi que vos mains ont sauvé, Sous l'aile du Seigneur dans le temple élévé. De nos princes hébreux il aura le courage, Et déjà son esprit a devancé son âge. Avant que son destin s'explique par ma voix, Je vais l'offrir au Dieu par qui règnent les rois. Aussitôt assemblant nos lévites, nos prêtres, Je leur déclarerai l'héritier de leurs maîtres.
JOSABET Sait-il déjà son nom et son noble destin ?
JOAD Il ne répond encor qu'au nom d'Eliacin Et se croit quelque enfant rejeté par sa mère, A qui j'ai par pitié daigné servir de père.
JOSABET Hélas ! de quel péril je l'avais su tirer ! Dans quel péril encore est-il prêt de rentrer !
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