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Jean Racine - Athalie
ATHALIE Dieu des Juifs, tu l'emportes ! Oui, c'est Joas ; je cherche en vain à me tromper. Je reconnais l'endroit où je le fis frapper ; Je vois d'Okosias et le port et le geste. Tout me retrace enfin un sang que je déteste. David, David triomphe : Achab seul est détruit. Impitoyable Dieu, toi seul as tout conduit. C'est toi qui, me flattant d'une vengeance aisée, M'a vingt fois en un jour à moi-même opposée, Tantôt pour un enfant excitant mes remords, Tantôt m'éblouissant de tes riches trésors Que j'ai craint de livrer aux flammes, au pillage. Qu'il règne donc ce fils, ton soin et ton ouvrage ; Et que, pour signaler son empire nouveau, On lui fasse en mon sein enfoncer le couteau ! Voici ce qu'en mourant lui souhaite sa mère : Que dis-je, souhaiter ! Je me flatte, j'espère Qu'indocile à ton joug, fatigué de ta loi, Fidèle au sang d'Achab qu'il a reçu de moi, Conforme à son aïeul, à son père semblable, On verra de David l'héritier détestable Abolir tes honneurs, profaner ton autel, Et venger Athalie, Achab et Jézabel.
JOAD Qu'à l'instant hors du temple elle soit emmenée, Et que la sainteté n'en soit pas profanée. Allez, sacrés vengeurs de vos princes meurtris, De leur sang par sa mort faire cesse les cris. Si quelque audacieux embrasse sa querelle, Qu'à la fureur du glaive on le livre avec elle.
Scène VII. - JOAS, JOAD, JOSABET, ABNER, etc. JOAS Dieu, qui voyez mon trouble et mon affliction, Détournez loin de moi sa malédiction, Et ne souffrez jamais qu'elle soit accomplie. Faites que Joas meure avant qu'il vous oublie.
JOAD
, aux lévites.
Appelez tout le peuple, et montrons-lui son roi ; Qu'il lui vienne en ses mains renouveler sa foi. Roi, prêtres, peuple, allons, pleins de reconnaissance, De Jacob avec Dieu confirmer l'alliance, Et, saintement confus de nos égarements,
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