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Jean Racine - Athalie
Quoi ! la peur a glacé mes indignes soldats ? Lâche ABNER, dans quel piège as-tu conduit mes pas ?
ABNER Reine, Dieu m'est témoin...
ATHALIE Laisse là ton Dieu, traître, Et venge-moi.
ABNER
, se jetant aux pieds de Joas.
Sur qui ? Sur Joas ! sur mon maître !
ATHALIE Lui, Joas ? lui, ton roi ? Songez, méchants, songez Que mes armes encor vous tiennent assiégés. J'entends à haute voix tout mon camp qui m'appelle. On vient à mon secours. Tremblez troupe rebelle.
Scène VI. - ISMAEL, JOAS, JOAD, ATHALIE, etc. ISMAËL
, à Joad.
Seigneur, le temple est libre et n'a plus d'ennemis. L'étranger est en fuite, et le Juif est soumis. Comme le vent dans l'air dissipe la fumée, La voix du Tout-Puissant a chassé cette armée. Nos lévites, du haut de nos sacrés parvis, D'Okosias au peuple ont annoncé le fils, Ont conté son enfance au glaive dérobée, Et la fille d'Achab dans le piège tombée. Partout en même temps la trompette a sonné : Et ses sons et leurs cris dans son camp étonné Ont répandu le trouble et la terreur subite Dont Gédéon frappa le fier Madianite. Les Tyriens, jetant armes et boucliers, Ont, par divers chemins, disparu les premiers ; Quelques Juifs éperdus ont aussi pris la fuite ; Mais, de Dieu sur Joas admirant la conduite, Le reste à haute voix s'est pour lui déclaré. Enfin, d'un même esprit tout le peuple inspiré, Femmes, viellards, enfants, s'embrassant avec joie, Bénissent le Seigneur et celui qu'il envoie. Tous chantent de David le fils ressuscité. Baal est en horreur dans la sainte cité ; De son temple profane on a brisé les portes ; Mathan est égorgé.
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