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Jean Racine - Athalie
Des prophètes menteurs la troupe confondue, Et la flamme du ciel sur l'autel descendue ; Elie aux éléments parlant en souverain, Les cieux par lui fermés et devenus d'airain, Et la terre trois ans sans pluie et sans rosée ; Les morts se ranimant à la voix d'Elisée : Reconnaissez, Abner, à ces traits éclatants, Un Dieu tel aujourd'hui qu'il fut dans tous les temps. Il sait, quand il lui plaît, faire éclater sa gloire, Et son peuple est toujours présent à sa mémoire.
ABNER Mais où sont ces honneurs à David tant promis Et prédits même encore à Salomon son fils ? Hélas ! nous espérions que de leur race heureuse Devait sortir de rois une suite nombreuse ; Que sur toute tribu, sur toute nation, L'un d'eux établirait sa domination, Ferait cesser partout la discorde et la guerre, Et verrait à ses pieds tous les rois de la terre.
JOAD Aux promesses du ciel pourquoi renoncez-vous ?
ABNER Ce roi fils de David, où le chercherons-nous ? Le ciel même peut-il réparer les ruines De cet arbre séché jusque dans ses racines ? Athalie étouffa l'enfant même au berceau. Les morts, après huit ans, sortent-ils du tombeau ? Ah ! si dans sa fureur elle s'était trompée ; Si du sang de nos rois quelque goutte échappée...
JOAD Hé bien ! que feriez-vous ?
ABNER O jour heureux pour moi ! De quelle ardeur j'irais reconnaître mon roi ! Doutez-vous qu'à ses pieds nos tribus empressées... Mais pourquoi me flatter de ces vaines pensées ? Déplorable héritier de ces rois triomphants, Okosias restait seul avec ses enfants ; Par les traits de Jéhu je vis percer le père ; Vous avez vu les fils massacrés par la mère.
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