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Jean Racine - Athalie
De son joug importun délivrons les mortels. Massacrons tous ses saints, renversons ses autels, Que de son nom, que de sa gloire Il ne reste plus de mémoire ; Que ni lui ni son Christ ne règnent plus sur nous.»
(Tout le choeur.) Où sont les traits que tu lances, Grand Dieu, dans ton juste courroux ? N'es-tu plus le Dieu jaloux ? N'es-tu plus le Dieu des vengeances ?
(Une voix, seule.) Triste reste de nos rois, Chère et dernière fleur d'une tige si belle, Hélas ! sous le couteau d'une mère cruelle Te verrons-nous tomber une seconde fois ? Prince aimable, dis-nous si quelque ange au berceau Contre tes assassins prit soin de te défendre ; Ou si dans la nuit du tombeau La voix du Dieu vivant a ranimé ta cendre ?
(Une autre.) D'un père et d'un aïeul contre toi révoltés, Grand Dieu, les attentats lui sont-ils imputés ? Est-ce que sans retour ta pitié l'abandonne ?
(Le choeur.) Où sont, Dieu de Jacob, tes antiques bontés ? N'es-tu plus le Dieu qui pardonne ?
(Une des filles du choeur, sans chanter.) Chères soeurs, n'entendez-vous pas Des cruels Tyriens la trompette qui sonne ?
SALOMITH J'entends même les cris des barbares soldats, Et d'horreur j'en frissonne. Courons, fuyons, retirons-nous A l'ombre salutaire Du redoutable sanctuaire.
ACTE V - - -
Scène première. - ZACHARIE, SALOMITH, le choeur. SALOMITH Cher Zacharie, hé bien ! que nous apprenez-vous ?
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