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Jean Racine - Athalie
Vous, le côté de l'Ourse, et vous, de l'occident ; Vous, le midi. Qu'aucun, par un zèle imprudent, Découvrant mes desseins, soit prêtre, soit lévite Ne sorte avant le temps et ne se précipite ; Et que chacun enfin, d'un même esprit poussé, Garde en mourant le poste où je l'aurai placé. L'ennemi nous regarde, en son aveugle rage, Comme de vils troupeaux réservés au carnage, Et croit ne rencontrer que désordre et qu'effroi. Qu'Azarias partout accompagne le roi. (A Joas.) Venez, cher rejeton d'une vaillante race, Remplir vos défenseurs d'une nouvelle audace ; Venez du diadème à leurs yeux se couvrir, Et périssez du moins en roi, s'il faut périr. (A un lévite.) Suivez-le, Josabet. Vous, donnez-moi ces armes. Enfants, offrez à Dieu vos innocentes larmes.
Scène VI. - SALOMITH, le choeur. (Tout le choeur chante.) Partez, enfants d'Aaron, partez. Jamais plus illustre querelle De vos aïeux n'arma le zèle. Partez, enfants d'Aaron, partez. C'est votre roi, c'est Dieu pour qui vous combattez.
(Une voix, seule.) Où sont les traits que tu lances, Grand Dieu, dans ton juste courroux ? N'es-tu plus le Dieu jaloux ? N'es-tu plus le Dieu des vengeances ?
(Une autre.) Où sont, Dieu de Jacob, tes antiques bontés ? Dans l'horreur qui nous environne, N'entends-tu que la voix de nos iniquités ? N'es-tu plus le Dieu qui pardonne ?
(Tout le choeur.) Où sont, Dieu de Jacob, tes antiques bontés ?
(Une voix, seule.) C'est à toi que dans cette guerre Les flèches des méchants prétendent s'adresser. «Faisons, disent-ils, cesser Les fêtes de Dieu sur la terre.
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