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Jean Racine - Athalie

JOSABET
De votre nom, Joas, je puis donc vous nommer.

JOAS
Joas ne cessera jamais de vous aimer.

LE CHOEUR
Quoi ! c'est là...

JOSABET
C'est Joas.

JOAD
Ecoutons ce lévite.

Scène V. - JOAS, JOAD, JOSABET, etc., un lévite.


UN LÉVITE

J'ignore contre Dieu quel projet on médite,
Mais l'airain menaçant frémit de toutes parts ;

On voit luire des feux parmi des étendards,

Et sans doute Athalie assemble son armée.

Déjà même au secours toute voie est fermée ;

Déjà le sacré mont où le temple est bâti

D'insolents Tyriens est partout investi ;

L'un deux, en blasphémant, vient de nous faire entendre

Qu'Abner est dans les fers et ne peut nous défendre.

JOSABET

, à Joas.

Cher enfant, que le ciel en vain m'avait rendu,
Hélas ! pour vous sauver j'ai fait ce que j'ai pu :

Dieu ne se souvient plus de David votre père !

JOAD

, à Josabet.

Quoi ! vous ne craignez pas d'attirer sa colère
Sur vous et sur ce roi si cher à votre amour ?

Et quand Dieu, de vos bras l'arrachant sans retour,

Voudrait que de David la maison fût éteinte,

N'êtes-vous pas ici sur la montagne sainte

Où le père des Juifs sur son fils innocent

Leva sans murmurer un bras obéissant,

Et mit sur le bûcher ce fruit de sa vieillesse,

Laissant à Dieu le soin d'accomplir sa promesse,

En lui sacrifiant, avec ce fils aimé,

Tout l'espoir de sa race, en lui seul renfermé ?

Amis, partageons-nous : qu'Ismaël en sa garde

Prenne tout le côté que l'orient regarde :

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