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Jean Racine - Athalie
Conduisant au combat les enfants de Lévi, Et, dans ces mêmes mains, des peuples révérées, Les armes au Seigneur par David consacrées ! Dieu sur ses ennemis répandra sa terreur. Dans l'infidèle sang baignez-vous sans horreur ; Frappez, et Tyriens, et même Israélites. Ne descendez-vous pas de ces fameux lévites Qui, lorsqu'au dieu du Nil le volage Israël Rendit dans le désert un culte criminel, De leurs plus chers parents saintement homicides, Consacrèrent leurs mains dans le sang des perfides, Et par ce noble exploit vous acquirent l'honneur D'être seuls employés aux autels du Seigneur ? Mais je vois que déjà vous brûlez de me suivre. Jurez donc, avant tout, sur cet auguste livre, A ce roi que le ciel vous redonne aujourd'hui, De vivre, de combattre et de mourir pour lui.
AZARIAS Oui, nous jurons ici pour nous, pour tous nos frères, De rétablir Joas au trône de ses pères, De ne poser le fer entre nos mains remis, Qu'après l'avoir vengé de tous ses ennemis. Si quelque transgresseur enfreint cette promesse, Qu'il éprouve, grand Dieu, ta fureur vengeresse ; Qu'avec lui ses enfants, de ton partage exclus, Soient au rang de ces morts que tu ne connais plus.
JOAD Et vous, à cette loi, votre règle éternelle, Roi, ne jurez-vous pas d'être toujours fidèle ?
JOAS Pourrais-je à cette loi ne pas me conformer ?
JOAD O mon fils, de ce nom j'ose encor vous nommer, Souffrez cette tendresse, et pardonnez aux larmes Que m'arrachent pour vous de trop justes alarmes. Loin du trône nourri, de ce fatal honneur, Hélas ! vous ignorez le charme empoisonneur ; De l'absolu pouvoir vous ignorez l'ivresse, Et des lâches flatteurs la voix enchanteresse. Bientôt ils vous diront que les plus saintes lois, Maîtresses du vil peuple, obéissent aux rois ; Qu'un roi n'a d'autre frein que sa volonté même ;
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