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Jean Racine - Athalie
Qu'on devait en ce jour offrir sur tes autels ?
UNE DES FILLES DU CHOEUR Quel spectacle à nos yeux timides ! Qui l'eût cru, qu'on dût voir jamais Les glaives meurtriers, les lances homicides Briller dans la maison de paix ?
UNE AUTRE D'où vient que pour son Dieu, pleine d'indifférence, Jérusalem se tait en ce pressant danger ? D'où vient, mes soeurs, que pour nous protéger, Le brave Abner au moins ne rompt pas le silence ?
SALOMITH Hélas ! dans une cour où l'on n'a d'autres lois Que la force et la violence, Où les honneurs et les emplois Sont le prix d'une aveugle et basse obéissance, Ma soeur, pour la triste innocence Qui voudrait élever sa voix ?
UNE AUTRE Dans ce péril, dans ce désordre extrême, Pour qui prépare-t-on le sacré diadème ?
SALOMITH Le Seigneur a daigné parler ; Mais ce qu'à son prophète il vient de révéler, Qui pourra nous le faire entendre ? S'arme-t-il pour nous défendre ? S'arme-t-il pour nous accabler ?
(Tout le choeur chante.) O promesse ! ô menace ! ô ténébreux mystère ! Que de maux, que de biens sont prédits tour à tour ! Comment peut-on avec tant de colère Accorder tant d'amour ?
(Une voix, seule.) Sion ne sera plus. Une flamme cruelle Détruira tous ses ornements.
(Une autre voix.) Dieu protège Sion. Elle a pour fondements Sa parole éternelle.
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