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Jean Racine - Athalie

Non, non ; c'est à Dieu seul qu'il nous faut attacher.
Montrons Eliacin ; et, loin de le cacher,

Que du bandeau royal sa tête soit ornée.

Je veux même avancer l'heure déterminée,

Avant que de Mathan le complot soit formé.

Scène VII. - JOAD, JOSABET, AZARIAS suivi du choeur et de plusieurs lévites.


JOAD

Hé bien, Azarias, le temple est-il fermé ?

AZARIAS
J'en ai fait devant moi fermer toutes les portes.

JOAD
N'y reste-t-il que vous et vos saintes cohortes ?

AZARIAS
De ses parvis sacrés j'ai deux fois fait le tour.
Tout a fui, tous se sont séparés sans retour,

Misérable troupeau qu'a dispersé la crainte ;

Et Dieu n'est plus servi que dans la tribu sainte.

Depuis qu'à Pharaon ce peuple est échappé,

Une égale terreur ne l'avait point frappé.

JOAD
Peuple lâche, en effet, et né pour l'esclavage,
Hardi contre Dieu seul ! Poursuivons notre ouvrage.

Mais qui retient encor ces enfants parmi nous ?

UNE DES FILLES DU CHOEUR
Hé ! pourrions-nous, seigneur, nous séparer de vous.

Dans le temple de Dieu sommes-nous étrangères ?

Vous avez près de vous nos pères et nos frères.

UNE AUTRE
Hélas ! si pour venger l'opprobre d'Israël,

Nos mais ne peuvent pas, comme autrefois Jahel,

Des ennemis de Dieu percer la tête impie,

Nous lui pouvons du moins immoler notre vie.

Quand vos bras combattront pour son temple attaqué,

Par nos larmes du moins il peut être invoqué.

JOAD
Voilà donc quels vengeurs s'arment pour ta querelle !
Des prêtres, des enfants, ô sagesse éternelle !

Mais, si tu les soutiens, qui les peut ébranler ?

Du tombeau, quand tu veux, tu sais nous rappeler ;

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