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Jean Racine - Athalie
MATHAN On reconnaît Joad à cette violence. Toutefois il devrait montrer plus de prudence, Respecter une reine, et ne pas outrager Celui que de son ordre elle a daigné charger.
JOAD Hé bien ! que nous fait-elle annoncer de sinistre ? Quel sera l'ordre affreux qu'apporte un tel ministre ?
MATHAN J'ai fait à Josabet savoir sa volonté.
JOAD Sors donc de devant moi, monstre d'impiété. De toutes tes horreurs, va, comble la mesure. Dieu s'apprête à te joindre à la race parjure, Abiron et Dathan, Doëg, Achitophel. Les chiens, à qui son bras a livré Jézabel, Attendant que sur toi sa fureur se déploie, Déjà sont à ta porte et demandent leur proie.
MATHAN
(Il se trouble.)
Avant la fin du jour... on verra qui de nous... Doit... Mais sortons, Nabal.
NABAL Où vous égarez-vous ? De vos sens étonnés quel désordre s'empare ? Voilà votre chemin.
Scène VI. - JOAD, JOSABET. JOSABET L'orage se déclare. ATHALIE
en fureur demande Eliacin.
Déjà de sa naissance et de votre dessein On commence, seigneur, à percer le mystère ! Peu s'en faut que Mathan ne m'ait nommé son père.
JOAD Au perfide Mathan qui l'aurait révélé ? Votre trouble à Mathan n'a-t-il point trop parlé ?
JOSABET J'ai fait ce que j'ai pu pour m'en rendre maîtresse. Cependant, croyez-moi, seigneur, le péril presse.
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