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Jean Racine - Athalie
MATHAN Envoyé par la reine Pour rétablir le calme et dissiper la haine, Princesse, en qui le ciel mit un esprit si doux, Ne vous étonnez-pas si je m'adresse à vous. Un bruit, que j'ai pourtant soupçonné de mensonge, Appuyant les avis qu'elle a reçu en songe, Si Joad, accusé de dangereux complots, Allait de sa colère attirer tous les flots. Je ne veux point ici vous vanter mes services. De Joad contre moi, je sais les injustices ; Mais il faut à l'offense opposer les bienfaits. Enfin je viens chargé de paroles de paix. Vivez, solennisez vos fêtes sans ombrage. De votre obéissance elle ne veut qu'un gage : C'est, pour l'en détourner j'ai fait ce que j'ai pu, Cet enfant sans parents qu'elle dit qu'elle a vu.
JOSABET Eliacin !
MATHAN J'en ai pour elle quelque honte : D'un vain songe peut-être elle fait trop de compte. Mais vous vous déclarez ses mortels ennemis, Si cet enfant sur l'heure en mes mains n'est remis. La reine, impatiente, attend votre réponse.
JOSABET Et voilà de sa part la paix qu'on nous annonce !
MATHAN Pourriez-vous un moment douter de l'accepter ? D'un peu de complaisance est-ce trop l'acheter ?
JOSABET J'admirais si Mathan, dépouillant l'artifice, Avait pu de son coeur surmonter l'injustice, Et si de tant de maux le funeste inventeur De quelque ombre de bien pouvait être l'auteur.
MATHAN De quoi vous plaignez-vous ? Vient-on avec furie Arracher de vos bras votre fils Zacharie ? Quel est cet autre enfant si cher à votre amour ? Ce grand attachement me surprend à mon tour.
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