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Jean Racine - Athalie
NABAL Hé quoi ! tout se disperse et fuit sans vous répondre ?
MATHAN Approchons.
Scène II. - ZACHARIE, MATHAN, NABAL. ZACHARIE Téméraire, où voulez-vous passer ? Au-delà de ce lieu gardez-vous d'avancer. C'est des ministres saints la demeure sacrée ; Les lois à tout profane en défendent l'entrée. Qui cherchez-vous ? Mon père, en ce jour solennel, De l'idolâtre impur fuit l'aspect criminel ; Et devant le Seigneur maintenant prosternée, Ma mère en ce devoir craint d'être détournée.
MATHAN Mon fils, nous attendrons ; cessez de vous troubler. C'est votre illustre mère à qui je veux parler. Je viens ici chargé d'un ordre de la reine.
Scène III. - MATHAN, NABAL. NABAL Leurs enfants ont déjà leur audace hautaine. Mais que veut Athalie en cette occasion ? D'où naît dans ses conseils cette confusion ? Par l'insolent Joad ce matin offensée, Et d'un enfant fatal en songe menacée, Elle allait immoler Joad à son courroux, Et dans ce temple enfin placer Baal et vous. Vous m'en aviez déjà confié votre joie, Et j'espérais ma part d'une si riche proie. Qui fait changer ainsi ses voeux irrésolus ?
MATHAN Ami, depuis deux jours je ne la connais plus. Ce n'est plus cette reine éclairée, intrépide, Elevée au-dessus de son sexe timide, Qui d'abord accablait ses ennemis surpris Et d'un instant perdu connaissait tout le prix. La peur d'un vain remords trouble cette grande âme : Elle flotte, elle hésite ; en un mot, elle est femme. J'avais tantôt rempli d'amertume et de fiel Son coeur, déjà saisi des menaces du ciel ; Elle-même, à mes soins confiant sa vengeance, M'avait dit d'assembler sa garde en diligence ;
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