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Jean Racine - Athalie

Jusque dans ton saint temple ils viennent te braver.
Ils traitent d'insensé le peuple qui t'adore.

Combien de temps, Seigneur, combien de temps encore

Verrons-nous contre toi les méchants s'élever ?

(Une autre.)
Rions, chantons, dit cette troupe impie :

De fleurs en fleurs, de plaisirs en plaisirs,

Promenons nos désirs.

Sur l'avenir insensé qui se fie.

De nos ans passagers le nombre est incertain :

Hâtons-nous aujourd'hui de jouir de la vie ;

Qui sait si nous serons demain ?

(Tout le choeur.)
Qu'ils pleurent, ô mon Dieu, qu'ils frémissent de crainte,

Ces malheureux, qui de ta cité sainte

Ne verront point l'éternelle splendeur.

C'est à nous de chanter, nous à qui tu révèles

Tes clartés immortelles ;

C'est à nous de chanter tes dons et ta grandeur.

(Une voix, seule.)
De tous ces vains plaisirs où leur âme se plonge,

Que leur restera-t-il ? Ce qui reste d'un songe

Dont on a reconnu l'erreur.

A leur réveil, ô réveil plein d'horreur !

Pendant que le pauvre à ta table

Goûtera de ta paix la douceur ineffable,

Ils boiront dans la coupe affreuse, inépuisable,

Que tu présenteras, au jour de ta fureur,

A toute la race coupable.

(Tout le choeur.)
O réveil plein d'horreur !

O songe peu durable !

O dangereuse erreur !

ACTE III

- - - -

Scène première. - MATHAN, NABAL, le choeur.


MATHAN

Jeunes filles, allez : qu'on dise à Josabet
Que Mathan veut ici lui parler en secret.

UNE DES FILLES DU CHOEUR
MATHAN

! O Dieu du ciel, puisses-tu le confondre !

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