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Jean Racine - Athalie

Tel en un secret vallon,
Sur le bord d'une onde pure,

Croît, à l'abri de l'aquilon,

Un jeune lis, l'amour de la nature,

Loin du monde élevé, de tous les dons des cieux

Il est orné dès sa naissance ;

Et du méchant l'abord contagieux

N'altère point son innocence.

(Tout le choeur.)
Heureux, heureux mille fois

L'enfant que le Seigneur rend docile à ses lois !

(Une voix, seule.)
Mon Dieu, qu'une vertu naissante

Parmi tant de périls marche à pas incertains !

Qu'une âme qui te cherche et veut être innocente

Trouve d'obstacle à tes desseins !

Que d'ennemis lui font la guerre !

Où se peuvent cacher tes saints ?

Les pécheurs couvrent la terre.

(Une autre.)
O palais de David, et sa chère cité,

Mont fameux, que Dieu même a longtemps habité,

Comment as-tu du ciel attiré la colère ?

Sion, chère Sion, que dis-tu quand tu vois

Une impie étangère

Assise, hélas ! au trône de tes rois ?

(Tout le choeur.)
Sion, chère Sion, que dis-tu quand tu vois

Une impie étangère

Assise, hélas ! au trône de tes rois ?

(La même voix continue.)
Au lieu des cantiques charmants

Où David t'exprimait ses saints ravissements,

Et bénissait son Dieu, son Seigneur et son père,

Sion, chère Sion, que dis-tu quand tu vois

Louer le dieu de l'impie étrangère,

Et blasphémer le nom qu'ont adoré tes rois ?

(Une voix, seule.)
Combien de temps, Seigneur, combien de temps encore

Verrons-nous contre toi les méchants s'élever ?

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