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Jean Racine - Athalie

Souvenez-vous de l'heure où Joad vous attend.
Et nous, dont cette femme impie et meurtrière

A souillé les regards et troublé la prière,

Rentrons, et qu'un sang pur, par mes mains épanché,

Lave jusques au marbre où ses pas ont touché.

Scène IX. - Le choeur.


(Une des filles du choeur.)

Quel astre à nos yeux vient de luire ?

Quel sera quelque jour cet enfant merveilleux ?

Il brave le faste orgueilleux,

Et ne se laisse point séduire

A tous ses attraits périlleux.

(Une autre.)
Pendant que du dieu d'Athalie

Chacun court encenser l'autel,

Un enfant courageux publie

Que Dieu lui seul est éternel,

Et parle comme un autre Elie

Devant cette autre Jézabel.

(Une autre.)
Qui nous révélera ta naissance secrète,

Cher enfant ? Es-tu fils de quelque saint prophète ?

(Une autre.)
Ainsi l'on vit l'aimable Samuel

Croître à l'ombre du tabernacle.

Il devint des Hébreux l'espérance et l'oracle.

Puisses-tu, comme lui, consoler Israël !

(Une autre chante.)
O bienheureux mille fois

L'enfant que le Seigneur aime,

Qui de bonne heure entend sa voix,

Et que ce Dieu daigne instruire lui-même !

Loin du monde élevé, de tous les dons des cieux

Il est orné dès sa naissance ;

Et du méchant l'abord contagieux

N'altère point son innocence.

(Tout le choeur.)
Heureuse, heureuse enfance

Que le Seigneur instruit et prend sous sa défense !

(La même voix, seule.)

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