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Jean Racine - Athalie

Mais je sens que bientôt ma douceur est à bout.
Que JOAD mette un frein à son zèle sauvage

Et ne m'irrite point par un second outrage.

Allez.

Scène VI. - ATHALIE, MATHAN, suite d'Athalie.


MATHAN

Enfin je puis parler en liberté ;
Je puis dans tout son jour mettre la vérité.

Quelque monstre naissant dans ce temple s'élève,

Reine : n'attendez pas que le nuage crève.

Abner chez le grand prêtre a devancé le jour.

Pour le sang de ses rois vous savez son amour.

Et qui sait si Joad ne veut point en leur place

Substituer l'enfant dont le ciel vous menace,

Soit son fils, soit quelque autre...

ATHALIE
Oui, vous m'ouvrez les yeux.
Je commence à voir clair dans cet avis des cieux.

Mais je veux de mon doute être débarrassée.

Un enfant est peu propre à trahir sa pensée ;

Souvent d'un grand dessein un mot nous fait juger.

Laissez-moi, cher Mathan, le voir, l'interroger.

Vous, cependant, allez, et sans jeter d'alarmes,

A tous mes Tyriens faites prendre les armes.

Scène VII. - JOAS, JOSABET, ATHALIE, ZACHARIE, ABNER, SALOMITH, deux lévites, le
choeur, suite d'Athalie.


JOSABET

, aux deux lévites.

O vous, sur ces enfants si chers, si précieux,
Ministres du Seigneur, ayez toujours les yeux.

ABNER, à Josabet

Princesse, assurez-vous, je les prends sous ma garde.

ATHALIE
O ciel ! plus j'examine et plus je le regarde,
C'est lui ! D'horreur encor tous mes sens sont saisis.

(Montrant Joas.)

Epouse de Joad, est-ce là votre fils ?

JOSABET
Qui ? lui, madame ?

ATHALIE
Lui.

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