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Jean Racine - Athalie

Enfants, ma seule joie en mes longs déplaisirs,
Ces festons en vos mains, et ces fleurs sur vos têtes,

Autrefois convenaient à nos pompeuses fêtes.

Mais, hélas ! en ces temps d'opprobre et de douleurs,

Quelle offrande sied mieux que celles de nos pleurs ?

J'entends déjà, j'entends la trompette sacrée,

Et du temple bientôt on permettra l'entrée.

Tandis que je me vais préparer à marcher,

Chantez, louez le Dieu que vous venez chercher.

Scène IV. - Le choeur.


(Tout le choeur chante.)

Tout l'univers est plein de sa magnificence.

Qu'on adore ce Dieu, qu'on l'invoque à jamais !

Son empire a des temps précédé la naissance ;

Chantons, publions ses bienfaits.

(Une voix, seule.)
En vain l'injuste violence

Au peuple qui le loue imposerait silence :

Son nom ne périra jamais.

Le jour annonce au jour sa gloire et sa puissance,

Tout l'univers est plein de sa magnificence :

Chantons, publions ses bienfaits.

(Tout le choeur répète.)
Tout l'univers est plein de sa magnificence :

Chantons, publions ses bienfaits.

(Une voix, seule.)
Il donne aux fleurs leur aimable peinture :

Il fait naître et mourir les fruits ;

Il leur dispense avec mesure

Et la chaleur des jours et la fraîcheur des nuits ;

Le champ qui les reçut les rend avec usure.

(Une autre.)
Il commande au soleil d'animer la nature,

Et la lumière est un nom de ses mains ;

Mais sa loi sainte, sa loi pure

Est le plus riche don qu'il ait fait aux humains.

(Une autre.)
O mont de Sinaï, conserve la mémoire

De ce jour à jamais auguste et renommé,

Quand, sur ton sommet enflammé,

Dans un nuage épais le Seigneur enfermé

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