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Jean Racine - Andromaque
Les Troyens en courroux menaçaient votre mère, J'ai su de mon Hector lui procurer l'appui. Vous pouvez sur Pyrrhus ce que j'ai pu sur lui. Que craint-on d'un enfant qui survit à sa perte ? Laissez-moi le cacher en quelque île déserte. Sur les soins de sa mère on peut s'en assurer, Et mon fils avec moi n'apprendra qu'à pleurer.
HERMIONE
Je conçois vos douleurs. Mais un devoir austère, Quand mon père a parlé, m'ordonne de me taire. C'est lui qui de Pyrrhus fait agir le courroux. S'il faut fléchir Pyrrhus, qui le peut mieux que vous ? Vos yeux assez longtemps ont régné sur son âme. Faites-le prononcer : j'y souscrirai, Madame.
SCENE V - ANDROMAQUE, CÉPHISE. ANDROMAQUE
Quel mépris la cruelle attache à ses refus !
CÉPHISE
Je croirais ses conseils, et je verrais Pyrrhus. Un regard confondrait Hermione et la Grèce... Mais lui-même il vous cherche.
SCENE VI - PYRRHUS, ANDROMAQUE, PHOENIX, CÉPHISE. PYRRHUS
, (à Phoenix.)
Où donc est la princesse ? Ne m'avais-tu pas dit qu'elle était en ces lieux ?
PHOENIX
Je le croyais.
ANDROMAQUE
, (à Céphise.)
Tu vois le pouvoir de mes yeux.
PYRRHUS
Que dit-elle, Phoenix ?
ANDROMAQUE
Hélas ! Tout m'abandonne.
PHOENIX
Allons, Seigneur, marchons sur les pas d'Hermione.
CÉPHISE
Qu'attendez-vous ? rompez ce silence obstiné.
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