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Jean Racine - Andromaque
Sa beauté la rassure ; et, malgré mon courroux, L'orgueilleuse m'attend encore à ses genoux. Je la verrais aux miens, Phoenix, d'un oeil tranquille. Elle est veuve d'Hector, et je suis fils d'Achille : Trop de haine sépare Andromaque et Pyrrhus.
PHOENIX
Commencez donc, Seigneur, à ne m'en parler plus. Allez voir Hermione ; et, content de lui plaire, Oubliez à ses pieds jusqu'à votre colère. Vous-même à cet hymen venez la disposer. Est-ce sur un rival qu'il s'en faut reposer ? Il ne l'aime que trop.
PYRRHUS
Crois-tu, si je l'épouse, Qu'Andromaque en son coeur n'en sera pas jalouse ?
PHOENIX
Quoi ! Toujours Andromaque occupe votre esprit ? Que vous importe, ô Dieux ! Sa joie ou son dépit ? Quel charme, malgré vous, vers elle vous attire ?
PYRRHUS
Non, je n'ai pas bien dit tout ce qu'il lui faut dire : Ma colère à ses yeux n'a paru qu'à demi ; Elle ignore à quel point je suis son ennemi. Retournons-y. Je veux la braver à sa vue, Et donner à ma haine une libre étendue. Viens voir tous ses attraits, Phoenix, humiliés. Allons.
PHOENIX
Allez, Seigneur, vous jeter à ses pieds. Allez, en lui jurant que votre âme l'adore, A de nouveaux mépris l'encourager encore.
PYRRHUS
Je le vois bien, tu crois que prêt à l'excuser Mon coeur court après elle et cherche à s'apaiser. PHOENIX
Vous aimez : c'est assez.
PYRRHUS
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